lundi 7 décembre 2015

Bon éléments d'analyse rapides sur les régionales et sur les perspectives à gauche. .

Les résultats sont résumés ici : http://www.france-politique.fr/elections-regionales-2015.htm#IDF

La gauche alternative s'effondre. En dehors de l'extrême gauche de Lutte Ouvrière qui progresse légèrement dans des petits scores avec un discours que je n'approuve pas mais qui est cohérent (et qui récupère aussi des électeurs de gauche les plus excédés par le PS), les scores du Front de gauche et d'EELV sont mauvais. Les 10 pour cent sont dépassés de justesse en Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon où il y avait une liste d'union et qui est un bastion de la gauche. Bref c'est une gifle.
Le PS lui se maintient pas mal vu le désastre annoncé. Il s'effondre dans une partie de la France mais il résiste bien dans ses bastions (la Bretagne étant le symbole le plus éclatant). Il triangule la droite en ayant  une politique gouvernementale qui est celle d'un gouvernement de droite.
Des listes régionalistes ou s'axant sur une personnalité connue (Saurel) font des scores très honorables notamment la liste de Troadec en Bretagne ou d'Unser Land en Alsace Lorraine Champagne-Ardenne.
L'UMP alliée à l'UDI et au Modem fait un score piteux et se révèle très affaiblie par exemple en PACA , en Bretagne ou en Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon.
Enfin, le FN fait un score excellent, passe en tête dans 6 régions et même dans ces plus mauvais scores (Bretagne et Île de France) fait un score équivalent à son score national à la présidentielle (qui était déja très élevé).

Un ami a brillamment résumé ce que je voulais dire. Je le cite in extenso : " Mais franchement, quand je vois les réactions à gauche j'hésite entre la colère et le dépit.
On a le choix entre :
-Ce pays est en train de devenir fasciste, je vais vomir, c'est nauséabond et nous revivons les heures les plus sombres de notre histoire
-De toute façon il y a 50% d'abstention
-C'est parce que les attentats ont mis le focal sur la sécurité et l'immigration.
-C'est de la faute des médias
Mais bordel, quand est-ce qu'on va enfin se remettre en question? Quand est-ce qu'on va reposer notre rapport à la mondialisation, à la souveraineté, à la nation, à la sécurité, à la laïcité et à l'euro?
Quand est-ce que l'on va arrêter de se défausser systématiquement sur les mêmes éléments qui ont bon dos?
Quand est-ce qu'on arrêtera de qualifier le FN de parti fasciste alors qu'il s'agit d'une autre branche de l'extrême-droite (nationaliste et populiste en l'occurrence)? Cela empêche d'en faire une vraie analyse !
Pourquoi est-on incapable de comprendre les raisons qui poussent le pauvre bougre à ressentir (qu'elle soit fantasmée ou réelle !) diverses formes d'insécurité et à se tourner vers le FN lorsqu'il s'agit d'y trouver un débouché politique?
Quand est-ce qu'on va enfin repenser notre communication et notre stratégie obsolètes?
La gauche militante doit apprendre à reparler au peuple et à le comprendre parce qu'à ce rythme là elle va se barricader dans Paris !
Nous avons un an et 5 mois pour penser, amorcer un virage et reconstruire. Si ce n'est pas fait d'ici là, attendez-vous à un massacre en 2017. Si ce n'est pas déjà trop tard..."

Je ne suis pas forcément d’accord avec son analyse par exemple sur la nation. Mais je me permets de développer : sur l'abstention dire que l'abstention c'est du rejet du FN c'est débile. Les gens qui s'abstiennent c'est pour de multiples raisons est aux présidentielles où l'abstention est la plus faible , le Fn fait ses meilleurs scores. Dire que le FN est fasciste est non seulement factuellement faux (il y a trois branches de l'extrême droite : la pensée fasciste , la pensée réactionnaire traditionaliste et contre révolutionnaire et la pensée identitaire et la pensée nationale-populiste , le FN étant clairement un parti appartenant aux deux dernières branches (je développerais cela dans un prochain article)) mais de plus contre-productif car les gens s'imaginent que le FN quand il va gagner va installer des camps , ils voient que le FN gagne aux municipales et n’assassine pas ses opposants politiques et se disent ah en fait ils sont sympas. 
Sur l'électorat FN, deux choses. On peut dire bouh ça montre que les français sont méchants, racistes, impérialistes , sexistes etc (rayer les mentions inutiles au discours). On peut en profiter pour dire que ce sont des abrutis sans éducation ou encore des paranos guidés par leur peur. En faisant cela, on arrive encore à souder notre électorat (quoique) mais on empêche définitivement l'électorat FN (qu’on a copieusement insulté) de changer d'avis .Donc le FN gagne notre électorat et on s'empêche de conquérir certains de leurs électeurs. Je prédis une défaite sûre dans ce cas car ils progresseront sans cesse comme la mer qui mange nos châteaux de sable. Je connais le principe de la personne concernée : seules des personnes concernées par une oppression peuvent juger de cette oppression. Je n'y adhère pas pour des raisons que je développeras plus tard. Mais si je n'y adhère pas je pense malgré tout qu'il faut écouter les personnes concernées (ce qui ne veut pas dire qu'elles ont raison) et comprendre leur vécu. Je pense à cet article d'un blog anarchiste en Turquie : http://www.kedistan.net/2015/11/17/lettre-dun-ouvrier-pourquoi-jai-vote-akp/.D'après une certaine gauche, ce type serait juste un connard d'oppresseur car checkant tous les privilèges (homme, turc, musulman sunnite). Kedistan pourrait lui cracher dessus d'autant qu'il a voté pour l'AKP parti islamiste et nationaliste au pouvoir qui attaque directement la gauche militante (je veux dire avec des morts réguliers ce que ne fait pas le FN). Ils l'écoutent et essaient dcee comprendre son vote pour pouvoir lutter contre l'AKP. Pourquoi ne fait t-on pas cela en France ? 
Il faut aussi se poser la question de pourquoi la classe ouvrière vote en grande partie pour le FN ; Peut être que si tu es un ouvrier picard payé au SMIC et qui mène une vie opprimée t'entendre dire que tu bénéficies à fond d'un privilège blanc ou hétéro peut légèrement t'énerver. Peut être. Ah et ça ne veut pas dire qu'une notion comme le privilège blanc n'existe pas seulement qu'elle est moins importante par exemple que la question de classe . 
Il faut arriver à parler aux gens de leur problème concrets. Le FN en parle sur des cas limités. Ils disent aux gens que si vous voulez vous sentir en sécurité dans les transports votez pour nous par exemple ce qui parle aux gens. Car vous savez quoi ? Les gens aiment bien se sentir en sécurité quand ils prennent les transports en commun sans être facho ou nazis ou d'extrême droite. Ça ne veut pas dire qu'il faut copier les idées du FN ou leur programme mais peut être que dire la sécurité c'est juste un thème pourrave de droite donc on en parle pas est stupide (et curieux de la part de groupes qui passe leur temps à parler d'espace safe et d'autodéfense féministe par exemple). Leur dire que vous allez voter pour nous car nous représentons le bien et l'humanisme ça va pas changer leur vie quotidienne. Hier sur France 2, le candidat Fn en Ile de France a dit que la question n’était pas comment lutter contre son parti mais quel est le programme qui améliore le plus la vie des gens. Je considère que son programme est néfaste et à combattre mais pour ces raisons et il a posé une question qu'on devrait poser (et probablement gagner des voix). 
Je considère que la gauche devrait adopter des positions différentes sur la question de la laïcité et de la religion où elle oscille entre des positions athées en mode bouh la religion c'est mal et faire de la politique au nom de la religion même quand vous êtes d'accord avec nous c'est mal (ce que dénonçait très bien ce militant du Npa https://www.youtube.com/watch?v=aUrIMObk2L0)  et un islamogauchisme stupide qui considère que ne pas combattre des  fondamentalistes religieux ayant un discours global radicalement opposé aux valeurs de la gauche ne pose pas de problème quand ceux-ci appartiennent à une religion opprimée (et qui confond un peu tout dans les échelles géographiques au passage).Ou alors on accepte de faire des actions communes avec eux sur des sujets ponctuels mais on accepte aussi de faire cela avec d'autres fondamentalistes religieux. Je suis assez flou sur ce sujet car il fera aussi l'objet d'un billet plus développé.
Enfin, je considère que la gauche devrait recréer un imaginaire global proposant une laternative au modèle libéral actuel et proposant aussi un discours global, différent et crédible sur les autres questions politiques. La gauche alternative est mourante électoralement à l'exception de quelques bastions . Elle doit se reconstruire et au passage arrêter de se surexciter sur des questions à la mordsmoilenoeud (tiens d’ailleurs la liste FLUO qui représentait pas mal les obsessions du "milieu militant" anarchiste même si elle avait aussi de bonnes idées a fait un score piteux en Ile de France ce qui montre que les gens ne considèrent pas du tout ces questions comme prioritaires et sont souvent opposées au discours du "milieu militant" sur ces questions (allez parler en tractant de l'oppression de la sexualité BDSM et regardez l'impact sur l'électorat sincèrement ). Ah non j’oubliais , tout le monde est fasciste et on va se retrancher dans un squat inclusif à 10. Et puis la démocratie représentative c'est nul , il faut la démocratie direct mais qu'avec des personnes safes et inclusives (et vous faites quoi des autres du coup?). C'est peut être un way of life sympa et ça peut aider des gens mais ça ne fait pas une politique ou une vision du monde (d'ailleurs c'est comme leur idée de remplacer la police par l'autodéfense). 
"L'ancien monde meurt , le nouveau tarde à apparaître et dans l'intervalle prolifèrent les monstres" disait Gramsci. Nous y sommes. La gauche peut mourir. Elle se meurt  dans certains pays d'Europe de l'Est comme la Pologne. Elle se meurt  dans une partie du monde arabe ou en Israël. Ceci ne veut pas dire que les question sociales ne sont plus portées mais qu'elles sont portées sous des angles différents ou englobées dans un discours identitaire frontalement opposé à la gauche (Droit et Justice en Pologne ou  des islamistes avec un discours social par exemple). Le cas de Droit et justice est marquant : ce parti de droite très conservatrice a un programme très social ou soutient des grèves ouvrières et est lié au principal syndicat polonais. Enfin,, une drotie peut être ultraconservatrice et ultralibérale économiquement mais avoir l'électorat populaire avec disparition de la gauche (lisez ce livre sur le Kansas si vous ne me croyez pas http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/01/31/pourquoi-les-pauvres-votent-a-droite-la-rebellion-conservatrice_1005649_829254.html). La gauche peut mourir; Nous devons la reconstruire sur une ligne  opposée au libéralisme économique, écologiste, humaniste , luttant contre tous les identitaires (et si en France le FN sont les principaux, ils ne sont pas les seuls et enracinée dans l'amélioration concrète de la vie des personnes. Voilà. 





samedi 21 novembre 2015

Sur la liberté religieuse, la tolérance religieuse et l'intolérance religieuse.

Comment définir ces concepts ?

En premier lieu, ils s'appliquent pour toutes les religions. On m'objectera que les religions monothéistes seraient plus intolérantes que les autres car croyant à un Deu unique et à une Vérité Révélée. Il est vrai que les autres religions sont plus tolérantes ... tant qu'elles ne se retrouvent pas confrontées à des religions perçues comme radicalement autres et:ou remettant en cause la structures sociale et l'ordre cosmologique qu'elles défendent dans ses fondamentaux (l'Empire romain n'a pas été si tolérant par rapport au christianisme pour donner l'exemple canonique).

L'intolérance religieuse est un concept simple : Nous avons la vérité et tous doivent être sauvés. Ceci doit être imposé par la société et:ou l'Etat ou le pouvoir politique. Dans les faits, une intolérance religieuse pure c'est à dire interdisant toute religions minoritaire arrive très rarement à s'imposer. Cela étant des cas actuels peuvent être donnés par l'Arabie Saoudite (qui a en réalité de fortes minorités religieuses chrétiennes et chiites voire hindoues mais qui ne les reconnait pas comme existantes) ou pour la Corée du Nord(où on ne peut appartenir à un ereligion). Cela a été le cas au Bhoutan pendant longtemps, pendant l'Afghanistan des talibans et pendant une durée importante en Espagne. Cela étant, une intolérance religieuse s'exerce dans de très nombreux pays à l'égard de certaines religions sans qu'ils s'agisse d'une intolérance religieuse sur toutes les religions. Le cas méconnu dont je voudrais parler est celui de l'athéisme qui n'est pas une religion mais qui est de facto une attitude active au sujet de l'existence de Dieu ou des dieux (pour affirmer leur non-existence) et qui est puni de peine de mort dans quelques nombre de pays du monde (qui pourtant n'interdisent pas toutes les religions à l'exception de celles dominante). http://www.levif.be/actualite/international/les-athees-risquent-la-peine-de-mort-dans-13-pays/article-normal-55135.html.

Le second système est celui de la tolérance religieuse. Une religion est vue comme étant la religion "vraie" ou"normale" et d'autres sont tolérées. C'est à dire qu'elles ont un statut majoritaire qui se manifeste par des mesures plus ou moins importantes allant de mesures "soft" (une inscription dans la Constitution ou la fonction de chef de l'Etat réservé à la religion dominante). à des mesures beaucoup plus oppressives comme l'interdiction pour les religions "tolérées" de convertir des membres de la religion dominante l'inverse étant souvent vu comme louable et encouragé mais sans conversion forcée  On peut penser historiquement à la place  des juifs dans l'Europe chrétienne en dehors des moments de fortes persécution (lire la partie sur Moyen Age et Renaissance https://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_entre_juda%C3%AFsme_et_christianisme#Moyen_.C3.82ge_et_Renaissance) et de basculement dans l'intolérance religieuse telle que définie au premier chapitre, ou au statut de dhimmi pour les juifs, les chrétiens, les zoroastriens et les hindous dans le monde musulman (lire tout sauf le dernier chapitre https://fr.wikipedia.org/wiki/Dhimmi) ou la situation des protestants . Cette "tolérance" peut se rajouter à des questions ethniques, la religion dominante étant celle de l'ethnie dominante et les ethnies dominées pouvant pratiquer la religion qu'elles veulent (leur religion "ethnique" le plus souvent) alors que les membres de l'ethnie dominante doivent être de la religion dominante (cas de la Malaisie, de la Thaïlande, du Sri Lanka ou de la Russie, je pense). Ceci peut aller jusqu'à une intolérance religieuse extrême mais il y a plus l'idée d'éradiquer le groupe ethnique dominé (et donc sa religion) que de le convertir (je ne sais pas si ce qui s'est passé au Sri Lanka peut y être rapporté). à contrario le Pakistan est un cas de "tolérance" religieuse non liée à un facteur ethnique (et qui est souvent un pays plus d'intolérance religieuse avec des conversions forcées). Il est à noter le cas du Liban, cas de forte "tolérance" religieuse sans religion dominante mais juste de "tolérance" religieuse  (on ne peut pas vraiment se convertir d'une religion à une autre publiquement). Ce post a en partie été fait pour expliquer pourquoi le statut de "tolérance"religieuse me gêne. La tolérance religieuse(j'enlève les guillemets) instaure une inégalité entre les religions. Il faut la défendre quand il y a de l'intolérance religieuse et elle a marqué un progrès dans ces cas. Mais elle reste non positive en soi. Je combattrais donc idéologiquement toujours ceux qui veulent son rétablissement ou sa préservation.

Enfin, la liberté religieuse : je la définis comme le fait de pouvoir adhérer publiquement à la religion de son choix ou à aucune sans contrainte extérieure violente et avec la sanction de contraintes extérieures violentes émanant d'individus privés. Elle existe dans peu de pays, et doit être chérie et préservée. Elle est un but à atteindre ecar elle seule permet à l'homme, la liberté d'expression de sa conscience. Cependant, j'aimerais revenir sur quelquechose : la liberté religieuse ne signifie pas forcément considérer que toutes les religions se valent ou renoncer à tenter de convertir le monde à sa religion.
Je considère ma religion comme étant celle qui est vraie et j'espère que tout le monde finira par y croire. Je rêve donc d'un monde dans lequel tous seront catholiques. Cependant, ce monde ne devra pas avoir de références de la part du pouvoir politique au christianisme et tout le monde devrait pouvoir fonder une nouvelle religion, quitter le catholicisme pour une autre religion ou devenir athée sans contrainte extérieure. Je considère comme triste le fait que des gens quittent ma religion pour une autre ou pour l'athéisme ou l'agnosticisme. Mais je considère que je devrais lutter contre une mesure interdisant cela de toutes mes forces ou contre une contrainte extérieure violente interdisant cela si je le peux.

Voilà ce que j'ai à dire sur ces notions.

mardi 17 novembre 2015

 J’écris ceci pour analyser l’attentat de vendredi.

Déjà il y a eu le choc. Apprendre cela, vendredi soir après une semaine de stage. Apprendre que des personnes que je connaissais y étaient (personne de ceux que je connaissais n’était parmi les morts ou les blessés, je vous rassure).

Le choc ne doit pas nous empêcher de réfléchir et d'analyser la situation. L’EIIL est une organisation terroriste née d’une scission d’Al Qaeda en Irak et en Syrie. Elle recrute d'ex cadres djihadistes d'Al Qaeda ou de Tchétchénie, des anciens officiers bassistes irakiens en quête de revanche, des petites mains paumées venant d'Europe et une partie de la population sunnite d'Irak et du Yémen qui considère l'EIIL comme les héros du sunnisme face au chiisme. La France s'est engagée dans une coalition internationale contre l'EIIL menée par les USA , ceux-ci répliquant en frappant les pays qui les attaquent. Elle adhère à une idéologie wahhabite radicale, massacre les minorités religieuses ( chrétiens , yézidis et chiites) ainsi que tous les opposants à leur idéologie qui repose sur une vision théocratique de la société , une forte oppression des femmes et une vision apocalyptique voyant un combat final comme proche entre les "bons" (eux pour eux) et les "méchants" (tous les autres).

Leur but ; frapper la France pour qu'elle se retire de la coalition et fracturer la société française pour pouvoir y recruter plus.

Une première réaction a été celle de l'extrême gauche (au sens des partis plus à gauche que le Front de gauche) qui ont lâché un "vos guerres, nos morts". Ce message peut se voir de deux manières : pour l'aile la plus respectable de cette extrême gauche c'est une analyse des conflits au Moyen-Orient comme liée aux interventions occidentales. Je suis intéressé par cela et prêt à en débattre mais il y a une différence entre ce qui a mené à la situation actuelle et la situation actuelle. Actuellement, Daech qui mène une politique monstrueuse doit être combattu d'autant que des forces conformes aux valeurs que la France défend les combattent (les groupes kurdes qui viennent d'ailleurs de libérer Sinjar ou la frange laïque de l'armée syrienne libre). Dans ce contexte que la France les soutienne est très positif. Passons sur ceux qui ont une lecture strictement de classe du monde (que je comprends et qui est cohérente même si je ne l'approuve pas). Ceux que je critique le plus (qui d'ailleurs pour certains ne sont pas d'extrême gauche mais sont des racialistes d'extrême droite avec une lecture ethnico-religieuse de la société) sont ceux qui ont une lecture en mode "oui mais c'est la faute au colonialisme et aux interventions occidentales contre les peuples et à l'oppression de l'islam ". Je suis en désaccord pour les raisons évoquées, pour le fait que  pour le fait que je ne vois pas très bien ce qu'ils proposent , pour le fait que je suis  en désaccord avec leur lecture géopolitique que je considère qu'ils alimentent un choc des civilisations qu'ils dénoncent et par le fait qu'ils manquent de cohérence. En effet, une partie de ces organisations compare la situation des minorités ethniques en France à l'Afrique du Sud (ou aux USA de la ségrégation où à l'Algérie colonisée) en disant que c'est globalement pareil. Dans ce cas, si vous considérez qu'il y a une oppression aussi forte, vous devriez considérer que la lutte violente contre cela est légitime y compris par le biais d'attentats. Ou alors vous reconnaissez que votre comparaison était boiteuse et ne servait qu'à alimenter la haine sans que vous en assumiez les conséquences. Oui la lutte armée contre l'oppression est légitime (sans être souhaitable pour autant) dans certains cas (une lutte armée des chrétiens au Pakistan serait légitime, la lutte des karen ou des rohingya en Birmanie est légitime, la lutte armée des ouighours est légitime comme l'était celle des Sud-Soudanais). Mais elle est légitime dans ces contextes très spécifiques d’oppressions extrêmement lourdes. Il y a des gros problèmes de racisme en France et il y a d’encore plus gros problèmes de fracture sociale liées aux inégalités sociales mais est ce que quelqu’un pense sincèrement qu’il s'agit de ce type de situation d'oppression ? Enfin, cette révolte est légitime si ce qui est instauré ne prévoit pas d'être pire mais là on est tous d'accord.

En second lieu, il y a la réaction de l'extrême droite et de la droite la plus dure. Celle-ci est simple : "c'est la faute aux musulmans, l'islam est intrinsèquement violent etc". Passons sur la réification de l'islam en un gros bloc. Je connais mal l'islam. Je suis en train de lire le Coran et de me renseigner sur les débuts de l'islam via des conseils de lecture que m'ont donné des amis et des amies. Cela étant, outre que cette réaction a une vision qui confond déjà arabes , étrangers , musulmans et djihadistes dans un gros sac présenté pour faire peur, elle amène à une logique du choc des civilisations , la même que celle dont rêve Daech. Elle joue leur jeu consciemment, leur permet de dire qu’ils représentent le milliard de musulmans. Elle amène à une logique de guerre mondiale (si vous voulez ça très bien mais moi non). Elle amène à se définir en termes de nous contre eux. Elle nous amène à renoncer à l'universalité et à la définition d'une humanité une et ayant un destin commun. Elle repose sur une vision ethnico-religieuse du monde (je précise que je ne confonds pas cette vision avec celle de personnes athées considérant que l'islam est mauvais mais n'étant pas dans cette vision de choc des civilisations comme Waleed-al- Husseini). Sur l'islam, je parle juste via mon expérience. J'ai des amis et des amies musulmans et musulmanes. Ils considèrent leur religion comme liée à des valeurs de paix et d'humanisme. Vous pouvez nier cela, on peut en débattre mais pour l'instant je n'ai encore rien vu me permettant d'invalider cela dans ce qu'ils m'ont dit. Au passage, si vous voulez lutter contre Daech, soutenez les musulmans qui luttent contre le discours de Daech sur leterrain. Ou alors peut être que combattre Daech n’est pas votre priorité.

Après avoir épinglé des réactions qui sont pour une part d'entre elles celles d'alliés objectifs de Daech, les solutions :

Je voudrais qu'on arrête les relations avec l'Arabie Saoudite qui soutient des groupes djihadistes e qui a peu de différence dans les règles qu'elle applique avec celles qu'applique Daech. On doit exiger de la Turquie et du Qatar qu'ils arrêtent de soutenir des groupes liés à Al Qaeda et de la Turquie qu'elle arrête de frapper les groupes kurdes qui combattent Daech. On doit soutenir par des armes, de la logistique et des forces spéciales, les groupes kurdes qui combattent Daech, qui ont repris Sinjar et qui se battent pour une Syrie sans Daech et sans la dictature. Pourquoi ne pas frapper d’autres régimes terribles dans le monde ? C'est moche mais je dirais realpolitik. On ne peut pas taper directement des alliés de la Chine ou de la Russie sauf à provoquer une guerre nucléaire catastrophique pour toute l’humanité alors qu'on peut faire cela avec l'Arabie Saoudite. Garder la France unie sans céder à la division. Et combattre idéologiquement leur discours en créant un autre horizon d'attente idéologique et en montrant qu'on peut changer un monde qui va mal sans rejoindre ce genre de groupe.


Personnellement enfin, je prie pour que Dieu accueille les victimes en son paradis. Je prie pour que les terroristes morts se repentent de leurs crimes et soient donc aussi sauvés. Je prie pour un monde libéré de la haine et de la guerre. Voilà.  

vendredi 13 novembre 2015

Je reproduis un extrait de l'excellent livre Encarté! d'Achraf Ben Brahim qui définit très bioen le personnage de Jean-Luc Mélenchon 

Le tribun rouge, le Georges Marchais 2.0 comme on aimait le surnommer ne laissait jamais insensible.
Là où la plupart des personnalités politiques se plaisent à prononcer des discours écrit par un assistant parlementaire au dents longues, lui écrivait les siens lui-même. Là où la plupart des personnalités politiques passent leurs temps à citer des hommes et femmes historiques pour essayer de se draper d'une vertu qui n'est pas la leur, lui préfère expliquer les différentes lois et problématiques nationaux. De ce fait, je trouvais beaucoup plus instructif d'écouter ce dernier, car à la fin, j'étais au moins sur d'apprendre un fait nouveau. Le succès de Jean-Luc Mélenchon ne se résume néanmoins pas à ses prouesses tribunitiennes mais à la teneur de ses arguments. Il savait insuffler l'espoir, l'alternative , le changement là où bon nombre de nos élus se contentent de prôner la résignation qu'ils ont l'audace d'assimiler à du courage lorsqu'il s'agit d'augmenter l'age de départ à la retraite ou le taux de la TVA. Même s'il a passé une trentaine d'années au PS, il a eu le courage de le quitter plutôt que de sombrer avec ce dernier au moment où il devenait un parti social-démocrate tout en se lançant quasi-seul dans l'arène présidentielle, au cours de laquelle on l'a moqué après lui avoir prédit 3%. Contrairement à la soi-disante gauche du PS incarné par Benoit Hamon, Aurélie Filippetti ou Jean-Marc Germain, en désaccord avec la politique mené mais qui pour rien au monde ne quitteront la maison-mère de peur de perdre leur mandat. Je me reconnaissais aussi dans son engagement car il a un parcours politique cohérent et pour le moins quasi-miraculeux. C'était l'un des rares cadres du Parti Socialiste qui a connu la précarité militante, à savoir être en bas de l’échelle et distribuer des tracts ou faire de la manutention afin d'organiser réunions et congrès alors que des Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande n'ont eu qu'à confortablement s'asseoir sur les chaises des plateaux de télévision, parlant de socialisme après avoir terminé HEC et l'ENA. Je me sentais également proche de son parcours personnel. Lui-même pied noir marocain, il comprenait la douleur du départ et le mépris qui accueille l'immigré qui arrive en France. Idem pour ses activités extra-politique. Ni conflit d’intérêt, ni activité de conseil ou de société d'économie mixte, c'est un homme d'honneur et droit sur le plan de l’honnêteté. Les droits d'auteur de ses livres sont reversés à son association politique pour qu'elle puisse éditer de nouveaux écrits. De condition modeste et tour à tour pompiste, pigiste, correcteur typographique, il savait la bataille quotidienne des millions de français pour essayer de vivre dignement. Il avait pour toutes ces raisons, mon admiration sur le plan humain. Pour autant je n'étais pas aveugle ou enfermé dans une Mélenchon-mania qui m'empêcherait de formuler des critiques à son encontre. La première est historique : son vote favorable au traité de Maastricht qui a progressivement conduit au déclin de l'Europe via le libre-échange et la fin des frontières. Il s'en justifiera en affirmant avoir pensé que ce traité « clouerait la main des allemands sur la table » et empêcherait la spéculation contre la monnaie en reprenant la citation de François Mitterrand. Mais il a tout de même compris son erreur et a fait campagne contre le non en 2005 lors de la constitution européenne alors que le PS faisait campagne pour le oui. Je suis également en opposition avec son acharnement à l'encontre du Front National. Il a commis une erreur en se parachutant à Henin-Beaumont car Marine Le Pen y avait un encrage contrairement à ce dernier, donnant l'image d'un candidat hanté par le Front National. Il aurait du éviter les provocations et les invectives à l'encontre du parti frontiste. Idem lorsqu'il a manifester son intérêt pour être nommé Premier Ministre de François Hollande, cela n'a fait qu’aggraver son image de «rabatteur de voix pour le parti socialiste comme me l'ont confié plusieurs militant du NPA et de Lutte Ouvrière. Tout cela discrédite son image. Image qui,comme tout le monde le sait, est sujet à de régulières controverses et fait de lui la cible préféré des JT. Pour moi, l'image de Jean-Luc Mélenchon est tantôt catastrophique tantôt au beau fixe, si bien qu'il y a deux sortes de Mélenchon. En premier lieu, il y a un Mélenchon brillant orateur, brillant ministre comme l'atteste son passage à la tête de l'enseignement professionnelle, brillant intellectuel : il a écrit plus de seize livres mais surtout polyvalent : vous pouviez parler avec lui des mécanismes de la III eme république tout comme de littérature ou de philosophie. C'est d'ailleurs pour cela qu'il introduit souvent de la poésie dans ses discours. C'est à la fois beau et problématique car il a tendance à confondre le pamphlet avec le réalité aride et technocrate de la politique. Ce Mélenchon- là plaisait énormément au « Bobo » et autre romantique, versé dans une sorte d'humanisme chic plus qu'autre chose, Clémentine Autain en est la représentation parfaite. C'est d'ailleurs pour cela qu'il l'a prise comme porte-parole en 2012. Mais ce Mélenchon-là est trop souvent rattrapé par un caractère colérique, comme en atteste ses altercation avec divers journalistes ou un militant frontiste à Hénin-Beaumont qu'il a traité de « gros imbécile » et de « crétin ». « J'ai un caractère passionné » se justifie t-il. Mais cela dépasse la passion, à tel point qu'il supporte rarement la contradiction, ce qui l'éloigne d'un électorat comme la classe moyenne qui peut être convaincu par son discours mais qu'il refroidit par ses ardeurs et un vocabulaire frisant parfois le populisme comme « Il faut donner un coup de balai ! » ou « qu'ils s'en aillent tous ». Il s'en justifie là encore par un « Je parle comme tout le monde ». Certes, mais en tant que représentant politique aspirant à gouverner le pays, les français s'attendent justement à le voir aller au delà du français lambda parlant au café du coin, et à adopter une posture un peu plus responsable et sérieuse, quitte à ne pas répondre aux provocations et autres caricatures qu'il qualifie parfois de « saloperie » comme ceux de Plantu. Prendre de la hauteur, c'est ce qui manquait surement le plus à Jean-Luc Mélenchon. Pour ma part, si j'étais convaincu que ce dernier pouvait faire un bon maire, un bon député, voir un bon ministre car sincère et réellement désireux d'améliorer le quotidien de ses concitoyens, j'étais au moins sur d'une chose: il ne sera jamais président de la république. Pourquoi ? Car ce n'est pas son ambition. Ne sera pas président celui qui ne sacrifie pas sa vie et ses principes sur l'autel de cette ambition. Ambition qui ne se révèle pas du jour au lendemain, il faut être quasi-obsédé par ce poste, jusqu'à ne vivre que pour ça et faire en sorte que sa propre vie ne tourne qu'autour de ça comme c'était le cas pour Nicolas Sarkozy. Mais de toute façon, l'ambition de Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas l'Elysée. Ni la célébrité et encore moins l'argent ou le matériel. Non, ce que désire Jean-Luc Mélenchon, c'est rentrer dans l'histoire. Il rêve d’être de ceux qui ont battit la république et renversé la monarchie. C'est pourquoi il est un passionné de la révolution, que ce soit celle de 1987 voir contemporaine, comme celles en Tunisie ou en Amérique du Sud où il se rend souvent. Il aime se revendiquer héritier des lumières, ce qui explique qu'à plusieurs reprises, il déclamera « Nous, les philosophes des lumières » en parlant de l'éducation. Idem lorsqu'il s'agit de parler des grandes figures de la gauche comme Jaurès, qu'il englobe en un « les nôtres ». Sa nostalgie le mène à parfois se voir en révolutionnaire exalté, voyant des privilégiés un peu partout. Par exemple, lorsqu'il reçoit le prix trombinoscope de la révélation politique de l'année en 2011, il assène un « Comme c'est émouvant, pour le roturier que je suis, de figurer parmi la noblesse de l'entre-soi et de voir rassemblé dans une même salle, ceux dont je souhaite si ardemment le départ », provoquant les rires d'un parterre composé de Jerome Cahuzac, Christophe barbier ou encore Laurent Joffrin réunie dans le prestigieux hôtel Lassay dans le VII eme arrondissement parisien. Mais le temps des nobliaux et des privilèges qu'il de transposait à la finance et au fameux riches est révolue. C'est surement pour laquelle les français s’intéresse peu à la « révolution citoyenne » ou à la « révolution fiscale » qu'il essaye de mettre en avant. Idem pour les sujets qu'il veut rendre visible comme l'économie de la mer ou la sixième république qu'il défend toujours via le lancement en octobre 2014 de la pétition en ligne « je signe pour la sixième république », appelant les français de toutes tendances politiques à demander l’élection d'une assemblée constituante pour écrire une nouvelle constitution. Il croit en ses idées et ne démord pas mais à long terme, je ne crains qu'il ne soit condamné à se faire des illusions sur lui-même."

mardi 3 novembre 2015

                                                  Hommage à Yal.





Aujourd’hui a lieu la cérémonie pour dire au revoir à Yal. à Bruxelles. Je n'y suis pas mais je voudrais dire à Yal que je me souviens de notre après-midi où tu m'as parlé de ta vie , de tes œuvres et de ton engagement politique. Je me souviens de ton humanisme et de ta sympathie , de la richesse de ta vie et du lien que tu tissais entre tes paroles et tes idées. Je me souviens que nous avions parlé de Norman Spinrad , de Frank Herbert et d'Ursula K le Guin

Je me souviens de Parleur ou Chroniques d'un rêve enclavé, le livre que tu m'as dédicacé. Parleur (dont je me suis toujours demandé quelle part de toi tu avais mise en lui ) va suivre les poèmes de Karel (dont je me suis demandé si il ne faut pas enlever le e pour comprendre le message philosophique et politique du texte). Il va arriver sur la Colline quartier spécifique et frondeur d'une ville où Karel vivait et écrivait avant d'être exécuté. Là , il va tenter de bâtir pas à pas et dans la non-violence l'utopie dont rêvait Karel face à une monarchie autoritaire et à d'autres adversaires (le Dogme et la Ghilde). Il y a des références historiques (notamment à la Commune ou au soulèvement des canuts peut être) et la tentative d'élaboration d'une fragile utopie. C'est de la fantasy sans magie et sans créatures magiques. C'est un portrait tendre de la gauche radicale et de l'extrême gauche dans toutes ses nuances . C'est une oeuvre dont les citations claquent comme des drapeaux et restent gravées dans les mémoires. C'est une oeuvre pleine d'espoir malgré la défaite et qui met en place une réflexion sur la non-violence. Lisez le même sans être d'accord avec lui car il décrit également bien des personnages et résume d'un point de vue acéré un monde que si vous êtes en franc désaccord avec ses idées vous ne connaissez pas forcément et pour le profond humanisme qui émane des personnages. Parleur est pour moi le meilleur texte de Yal (dont le reste de l'oeuvre vaut aussi le coup d’œil d'ailleurs). 

Quelques citations pour vous mettre dans l'ambiance 

"C’est à l’Homme seul qu’il revient d’assurer l’égalité entre les Hommes et il ne doit pas le faire en offrant les mêmes chances à chacun, mais en veillant à ce que tous jouissent des mêmes avantages, jusqu’au plus malchanceux.
"

"La réalité, c’est que nous partageons le même monde, mais qu’ils l’ont scindé en deux parts formidablement inégales. Ils sont tout-puissants, c’est vrai, pourtant nous les intéressons... et pas qu’un peu ! Leurs écus, leurs châteaux, leurs bateaux, leurs armées, leurs beaux vêtements, leurs beuveries, leurs ripailles, ils nous doivent tout ! Jusqu’au plaisir que certains prennent à nous maltraiter. Tout ce qu’ils possèdent et tout ce qu’ils font provient de notre sueur. Même ce qu’ils ressentent, car leurs émotions seraient bien différentes s’ils devaient connaître ne serait-ce qu’un dixième de nos préoccupations. 
Voilà pourquoi nous ne sommes pas impuissants.
"

"— Bordel de merde ! Il est intolérable que des milliers crèvent de faim pendant qu’une poignée s’empiffre et donne les restes à ses chiens ! Il est intolérable que des milliers meurent à la guerre pendant qu’une poignée joue à la guerre depuis ses lointains châteaux ! Il est intolérable de trimer quinze heures par jour dans les champs pour les miettes que laisseront ceux qui ne font que l’effort d’empocher la récolte ! Il est intolérable de trembler de peur ! de grelotter de froid ! de souffrir de tortures ! d’enfanter de viols ! Il est intolérable de consacrer son existence à la seule survie, pendant que d’autres peuvent briser n’importe quelle vie sur un caprice, et qu’ils ne s’en privent pas !
"
"Si le monde ne te convient pas tu n'as qu'à le changer "


Enfin, je repense aux phrases de Karel sur la mort. :

 "On ne devrait jamais mourir quand il existe quelque chose de beau. La mort enlaidit tout". 

"On ne  pleure pas les morts , on pleure ce qu'ils ont l'audace de nous prendre en s'en allant, un peu de tendresse et beaucoup d’égoïsme". 

Adieu Yal : Je sais que tu ne croyais pas en Dieu mais j'espère que nous nous reverrons au Paradis où je suis sûr que tu seras. Adieu Yal. Je prie pour toi et nous continuerons notre discussion là bas.


jeudi 22 octobre 2015

Petite réflexion sur un article de 20 minutes et sur Games Of Thrones pour connaisseurs.

Michel Pastoureau écrivain spécialiste du Moyen Age a été interrogé par 20 mn sur l'usage des symboles dans Games of Thrones. Cet article est typique d'articles voulant bien faire mais pêchant par manque de contextualisation . Pourquoi ?

Son analyse est ici :
http://www.20minutes.fr/culture/1713567-20151020-morts-inceste-dragons-game-of-thrones-explique-symboles-croyances-moyen-age. Or autant l'analyse est passionnante sur certains sujets (les cerfs couronnés par exemple) autant elle souffre parfois d'un biais d'analyse. En effet , Michel Pastoureau (qui n'a pas vu ou lu la série) l'analyse comme se déroulant dans l'Occident chrétien du Moyen Age. Or autant cela est vrai pour la pus grande partie de Westeros en termes religieux (la religion des Sept étant plus ou moins, un équivalent du christianisme), autant cela n'est pas vrai dans les cas des Taergaryens ou des Stark. Les Targaryens sont des envahisseurs venus de l'autre continent qui ont des principes comme l'inceste pour préserver la pureté de leur sang qui font penser à l'Egypte pharaonique (Isis et Osiris). et les Stark ont gardé la religion des anciens dieux (qui semble inspirée d'un paganisme proche de la nature). L'utilisation du loup comme emblème pour les Stark ou du dragon comme emblème pour les Targyarens s'explique donc sans problème si on admet cela (les Targaryens ayant un discours se légitimant par le fait qu'ils sont du sang du dragon d'une manière proche des dieux-rois et le loup étant un animal pas si négatif dans une partie des conceptions païennes).
De même pour la bâtardise, celle-ci marque très fortement dans Games of thrones (John Snow a été écarté du jeu politique « classique » à cause de cela et Ramsay Bolton a bénéficié du fait qu'il est le seul héritier en âge de combattre de son père pour augmenter son pouvoir mais dans un contexte qui n'est pas celui d'une décomposition de la société de Westeros , il n'aurait jamais pu s'élever à la position où il est).
Enfin, le corbeau est vu de fait comme assez négatif dans le moyen age chrétien. Mais le fait que ce soient une corneille à trois yeux qui sert d'intercesseur entre le monde réel et le monde magique pour Bran n'est guère étonnant si on se souvient que les Stark sont des païens et de l'influence qu'a le corbeau messager d'Odin et détenteur de sagesse dans la mythologie scandinave.

Cette analyse qui ne manque pas d'intérêt et de talent confond donc par manque de contextualisation, la société de Westeros et ses périphéries et laïque donc sur celles-ci une grille d'analyse qui aurait mieux convenu à l'analyse du cœur de la société de Westeros ( ce que l'article note en disant que les Lannister ont un blason d'un commun) ce qui est plus dû aux questions qu'à l'auteur. Enfin, la piste d'une relecture de l'histoire britannique par Games Of Thrones n'est pas creusée alors qu'elle serait beaucoup plus prometteuse (Guerre des Deux Roses ou mur d'Hadrien).



lundi 19 octobre 2015

Blasphèmes et religions.


Tout d'abord, si la question de la représentation du sacré est débattue dans les religion monothéistes (l'islam l'interdit et le christianisme l'autorise dans le cas de l'orthodoxie  après un fort débat au sein de l'Empire byzantin qui a d'ailleurs provoqué des guerres civiles). Cela étant, le blasphème est lui interdit (ce qui n'est pas le cas dans des religions polythéistes qui acceptent qu'on se moque de certains dieux, il n'y a qu'à lire la mythologie grecque pour s'en rendre compte).

En premier lieu, je considère qu'il n'y a aucune raison de'interdire des oeuvres blasphématoires. certes celles-ci peuvent être insultantes pour les croyants d'une religion mais la loi ne doit pas se baser sur les croyances religieuses des individus. Sans cela, on arrive à des dérives pointées du doigt par Meneldil Palnatir Talmayar ici http://meneldil-palantir-talmayar.blogspot.fr/2015/01/non-ils-ne-lont-pas-cherche-la-liberte.html. Il y a donc un traitement inégalitaire des différentes religions. Je sais que la religion est ve comme centrale pour de nombreux croyants (dont moi même en tant que catholique romain). Cependant , pour des personnes très engagées politiquement, leur idéologie peut aussi centrer leur vie(je pense notamment à des militants communistes) et je serais perplexe sur une interdiction du blasphème pour ne pas choquer les croyants mais qui ne s'appliquerait pas pour d'autres idées vues par d'autres personnes comme centrales. Il va de soi donc que je condamne des tentatives faites par des particuliers pour réinstaurer un délit de blasphème.

Cela étant, j'ai aussi du mal avec l'idée qu'il y aurait un devoir de blasphème ou encore que le blasphème est un acte méritoire. Je considère le blasphème comme choquant pour les croyants (c'est un peu la définition) et si j'ai du mal avec l'idée de dire que choquer des personnes est positif en soi. Un média ou un artiste ou une personne ordinaire peut tout à fait blasphémer mais d'autres ont le droit de critiquer (sans demander l'interdiction) et il est stupide d'en tirer gloriole (même si bien entendu la personne peut tout à fait le faire).