vendredi 13 novembre 2015

Je reproduis un extrait de l'excellent livre Encarté! d'Achraf Ben Brahim qui définit très bioen le personnage de Jean-Luc Mélenchon 

Le tribun rouge, le Georges Marchais 2.0 comme on aimait le surnommer ne laissait jamais insensible.
Là où la plupart des personnalités politiques se plaisent à prononcer des discours écrit par un assistant parlementaire au dents longues, lui écrivait les siens lui-même. Là où la plupart des personnalités politiques passent leurs temps à citer des hommes et femmes historiques pour essayer de se draper d'une vertu qui n'est pas la leur, lui préfère expliquer les différentes lois et problématiques nationaux. De ce fait, je trouvais beaucoup plus instructif d'écouter ce dernier, car à la fin, j'étais au moins sur d'apprendre un fait nouveau. Le succès de Jean-Luc Mélenchon ne se résume néanmoins pas à ses prouesses tribunitiennes mais à la teneur de ses arguments. Il savait insuffler l'espoir, l'alternative , le changement là où bon nombre de nos élus se contentent de prôner la résignation qu'ils ont l'audace d'assimiler à du courage lorsqu'il s'agit d'augmenter l'age de départ à la retraite ou le taux de la TVA. Même s'il a passé une trentaine d'années au PS, il a eu le courage de le quitter plutôt que de sombrer avec ce dernier au moment où il devenait un parti social-démocrate tout en se lançant quasi-seul dans l'arène présidentielle, au cours de laquelle on l'a moqué après lui avoir prédit 3%. Contrairement à la soi-disante gauche du PS incarné par Benoit Hamon, Aurélie Filippetti ou Jean-Marc Germain, en désaccord avec la politique mené mais qui pour rien au monde ne quitteront la maison-mère de peur de perdre leur mandat. Je me reconnaissais aussi dans son engagement car il a un parcours politique cohérent et pour le moins quasi-miraculeux. C'était l'un des rares cadres du Parti Socialiste qui a connu la précarité militante, à savoir être en bas de l’échelle et distribuer des tracts ou faire de la manutention afin d'organiser réunions et congrès alors que des Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande n'ont eu qu'à confortablement s'asseoir sur les chaises des plateaux de télévision, parlant de socialisme après avoir terminé HEC et l'ENA. Je me sentais également proche de son parcours personnel. Lui-même pied noir marocain, il comprenait la douleur du départ et le mépris qui accueille l'immigré qui arrive en France. Idem pour ses activités extra-politique. Ni conflit d’intérêt, ni activité de conseil ou de société d'économie mixte, c'est un homme d'honneur et droit sur le plan de l’honnêteté. Les droits d'auteur de ses livres sont reversés à son association politique pour qu'elle puisse éditer de nouveaux écrits. De condition modeste et tour à tour pompiste, pigiste, correcteur typographique, il savait la bataille quotidienne des millions de français pour essayer de vivre dignement. Il avait pour toutes ces raisons, mon admiration sur le plan humain. Pour autant je n'étais pas aveugle ou enfermé dans une Mélenchon-mania qui m'empêcherait de formuler des critiques à son encontre. La première est historique : son vote favorable au traité de Maastricht qui a progressivement conduit au déclin de l'Europe via le libre-échange et la fin des frontières. Il s'en justifiera en affirmant avoir pensé que ce traité « clouerait la main des allemands sur la table » et empêcherait la spéculation contre la monnaie en reprenant la citation de François Mitterrand. Mais il a tout de même compris son erreur et a fait campagne contre le non en 2005 lors de la constitution européenne alors que le PS faisait campagne pour le oui. Je suis également en opposition avec son acharnement à l'encontre du Front National. Il a commis une erreur en se parachutant à Henin-Beaumont car Marine Le Pen y avait un encrage contrairement à ce dernier, donnant l'image d'un candidat hanté par le Front National. Il aurait du éviter les provocations et les invectives à l'encontre du parti frontiste. Idem lorsqu'il a manifester son intérêt pour être nommé Premier Ministre de François Hollande, cela n'a fait qu’aggraver son image de «rabatteur de voix pour le parti socialiste comme me l'ont confié plusieurs militant du NPA et de Lutte Ouvrière. Tout cela discrédite son image. Image qui,comme tout le monde le sait, est sujet à de régulières controverses et fait de lui la cible préféré des JT. Pour moi, l'image de Jean-Luc Mélenchon est tantôt catastrophique tantôt au beau fixe, si bien qu'il y a deux sortes de Mélenchon. En premier lieu, il y a un Mélenchon brillant orateur, brillant ministre comme l'atteste son passage à la tête de l'enseignement professionnelle, brillant intellectuel : il a écrit plus de seize livres mais surtout polyvalent : vous pouviez parler avec lui des mécanismes de la III eme république tout comme de littérature ou de philosophie. C'est d'ailleurs pour cela qu'il introduit souvent de la poésie dans ses discours. C'est à la fois beau et problématique car il a tendance à confondre le pamphlet avec le réalité aride et technocrate de la politique. Ce Mélenchon- là plaisait énormément au « Bobo » et autre romantique, versé dans une sorte d'humanisme chic plus qu'autre chose, Clémentine Autain en est la représentation parfaite. C'est d'ailleurs pour cela qu'il l'a prise comme porte-parole en 2012. Mais ce Mélenchon-là est trop souvent rattrapé par un caractère colérique, comme en atteste ses altercation avec divers journalistes ou un militant frontiste à Hénin-Beaumont qu'il a traité de « gros imbécile » et de « crétin ». « J'ai un caractère passionné » se justifie t-il. Mais cela dépasse la passion, à tel point qu'il supporte rarement la contradiction, ce qui l'éloigne d'un électorat comme la classe moyenne qui peut être convaincu par son discours mais qu'il refroidit par ses ardeurs et un vocabulaire frisant parfois le populisme comme « Il faut donner un coup de balai ! » ou « qu'ils s'en aillent tous ». Il s'en justifie là encore par un « Je parle comme tout le monde ». Certes, mais en tant que représentant politique aspirant à gouverner le pays, les français s'attendent justement à le voir aller au delà du français lambda parlant au café du coin, et à adopter une posture un peu plus responsable et sérieuse, quitte à ne pas répondre aux provocations et autres caricatures qu'il qualifie parfois de « saloperie » comme ceux de Plantu. Prendre de la hauteur, c'est ce qui manquait surement le plus à Jean-Luc Mélenchon. Pour ma part, si j'étais convaincu que ce dernier pouvait faire un bon maire, un bon député, voir un bon ministre car sincère et réellement désireux d'améliorer le quotidien de ses concitoyens, j'étais au moins sur d'une chose: il ne sera jamais président de la république. Pourquoi ? Car ce n'est pas son ambition. Ne sera pas président celui qui ne sacrifie pas sa vie et ses principes sur l'autel de cette ambition. Ambition qui ne se révèle pas du jour au lendemain, il faut être quasi-obsédé par ce poste, jusqu'à ne vivre que pour ça et faire en sorte que sa propre vie ne tourne qu'autour de ça comme c'était le cas pour Nicolas Sarkozy. Mais de toute façon, l'ambition de Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas l'Elysée. Ni la célébrité et encore moins l'argent ou le matériel. Non, ce que désire Jean-Luc Mélenchon, c'est rentrer dans l'histoire. Il rêve d’être de ceux qui ont battit la république et renversé la monarchie. C'est pourquoi il est un passionné de la révolution, que ce soit celle de 1987 voir contemporaine, comme celles en Tunisie ou en Amérique du Sud où il se rend souvent. Il aime se revendiquer héritier des lumières, ce qui explique qu'à plusieurs reprises, il déclamera « Nous, les philosophes des lumières » en parlant de l'éducation. Idem lorsqu'il s'agit de parler des grandes figures de la gauche comme Jaurès, qu'il englobe en un « les nôtres ». Sa nostalgie le mène à parfois se voir en révolutionnaire exalté, voyant des privilégiés un peu partout. Par exemple, lorsqu'il reçoit le prix trombinoscope de la révélation politique de l'année en 2011, il assène un « Comme c'est émouvant, pour le roturier que je suis, de figurer parmi la noblesse de l'entre-soi et de voir rassemblé dans une même salle, ceux dont je souhaite si ardemment le départ », provoquant les rires d'un parterre composé de Jerome Cahuzac, Christophe barbier ou encore Laurent Joffrin réunie dans le prestigieux hôtel Lassay dans le VII eme arrondissement parisien. Mais le temps des nobliaux et des privilèges qu'il de transposait à la finance et au fameux riches est révolue. C'est surement pour laquelle les français s’intéresse peu à la « révolution citoyenne » ou à la « révolution fiscale » qu'il essaye de mettre en avant. Idem pour les sujets qu'il veut rendre visible comme l'économie de la mer ou la sixième république qu'il défend toujours via le lancement en octobre 2014 de la pétition en ligne « je signe pour la sixième république », appelant les français de toutes tendances politiques à demander l’élection d'une assemblée constituante pour écrire une nouvelle constitution. Il croit en ses idées et ne démord pas mais à long terme, je ne crains qu'il ne soit condamné à se faire des illusions sur lui-même."

mardi 3 novembre 2015

                                                  Hommage à Yal.





Aujourd’hui a lieu la cérémonie pour dire au revoir à Yal. à Bruxelles. Je n'y suis pas mais je voudrais dire à Yal que je me souviens de notre après-midi où tu m'as parlé de ta vie , de tes œuvres et de ton engagement politique. Je me souviens de ton humanisme et de ta sympathie , de la richesse de ta vie et du lien que tu tissais entre tes paroles et tes idées. Je me souviens que nous avions parlé de Norman Spinrad , de Frank Herbert et d'Ursula K le Guin

Je me souviens de Parleur ou Chroniques d'un rêve enclavé, le livre que tu m'as dédicacé. Parleur (dont je me suis toujours demandé quelle part de toi tu avais mise en lui ) va suivre les poèmes de Karel (dont je me suis demandé si il ne faut pas enlever le e pour comprendre le message philosophique et politique du texte). Il va arriver sur la Colline quartier spécifique et frondeur d'une ville où Karel vivait et écrivait avant d'être exécuté. Là , il va tenter de bâtir pas à pas et dans la non-violence l'utopie dont rêvait Karel face à une monarchie autoritaire et à d'autres adversaires (le Dogme et la Ghilde). Il y a des références historiques (notamment à la Commune ou au soulèvement des canuts peut être) et la tentative d'élaboration d'une fragile utopie. C'est de la fantasy sans magie et sans créatures magiques. C'est un portrait tendre de la gauche radicale et de l'extrême gauche dans toutes ses nuances . C'est une oeuvre dont les citations claquent comme des drapeaux et restent gravées dans les mémoires. C'est une oeuvre pleine d'espoir malgré la défaite et qui met en place une réflexion sur la non-violence. Lisez le même sans être d'accord avec lui car il décrit également bien des personnages et résume d'un point de vue acéré un monde que si vous êtes en franc désaccord avec ses idées vous ne connaissez pas forcément et pour le profond humanisme qui émane des personnages. Parleur est pour moi le meilleur texte de Yal (dont le reste de l'oeuvre vaut aussi le coup d’œil d'ailleurs). 

Quelques citations pour vous mettre dans l'ambiance 

"C’est à l’Homme seul qu’il revient d’assurer l’égalité entre les Hommes et il ne doit pas le faire en offrant les mêmes chances à chacun, mais en veillant à ce que tous jouissent des mêmes avantages, jusqu’au plus malchanceux.
"

"La réalité, c’est que nous partageons le même monde, mais qu’ils l’ont scindé en deux parts formidablement inégales. Ils sont tout-puissants, c’est vrai, pourtant nous les intéressons... et pas qu’un peu ! Leurs écus, leurs châteaux, leurs bateaux, leurs armées, leurs beaux vêtements, leurs beuveries, leurs ripailles, ils nous doivent tout ! Jusqu’au plaisir que certains prennent à nous maltraiter. Tout ce qu’ils possèdent et tout ce qu’ils font provient de notre sueur. Même ce qu’ils ressentent, car leurs émotions seraient bien différentes s’ils devaient connaître ne serait-ce qu’un dixième de nos préoccupations. 
Voilà pourquoi nous ne sommes pas impuissants.
"

"— Bordel de merde ! Il est intolérable que des milliers crèvent de faim pendant qu’une poignée s’empiffre et donne les restes à ses chiens ! Il est intolérable que des milliers meurent à la guerre pendant qu’une poignée joue à la guerre depuis ses lointains châteaux ! Il est intolérable de trimer quinze heures par jour dans les champs pour les miettes que laisseront ceux qui ne font que l’effort d’empocher la récolte ! Il est intolérable de trembler de peur ! de grelotter de froid ! de souffrir de tortures ! d’enfanter de viols ! Il est intolérable de consacrer son existence à la seule survie, pendant que d’autres peuvent briser n’importe quelle vie sur un caprice, et qu’ils ne s’en privent pas !
"
"Si le monde ne te convient pas tu n'as qu'à le changer "


Enfin, je repense aux phrases de Karel sur la mort. :

 "On ne devrait jamais mourir quand il existe quelque chose de beau. La mort enlaidit tout". 

"On ne  pleure pas les morts , on pleure ce qu'ils ont l'audace de nous prendre en s'en allant, un peu de tendresse et beaucoup d’égoïsme". 

Adieu Yal : Je sais que tu ne croyais pas en Dieu mais j'espère que nous nous reverrons au Paradis où je suis sûr que tu seras. Adieu Yal. Je prie pour toi et nous continuerons notre discussion là bas.


jeudi 22 octobre 2015

Petite réflexion sur un article de 20 minutes et sur Games Of Thrones pour connaisseurs.

Michel Pastoureau écrivain spécialiste du Moyen Age a été interrogé par 20 mn sur l'usage des symboles dans Games of Thrones. Cet article est typique d'articles voulant bien faire mais pêchant par manque de contextualisation . Pourquoi ?

Son analyse est ici :
http://www.20minutes.fr/culture/1713567-20151020-morts-inceste-dragons-game-of-thrones-explique-symboles-croyances-moyen-age. Or autant l'analyse est passionnante sur certains sujets (les cerfs couronnés par exemple) autant elle souffre parfois d'un biais d'analyse. En effet , Michel Pastoureau (qui n'a pas vu ou lu la série) l'analyse comme se déroulant dans l'Occident chrétien du Moyen Age. Or autant cela est vrai pour la pus grande partie de Westeros en termes religieux (la religion des Sept étant plus ou moins, un équivalent du christianisme), autant cela n'est pas vrai dans les cas des Taergaryens ou des Stark. Les Targaryens sont des envahisseurs venus de l'autre continent qui ont des principes comme l'inceste pour préserver la pureté de leur sang qui font penser à l'Egypte pharaonique (Isis et Osiris). et les Stark ont gardé la religion des anciens dieux (qui semble inspirée d'un paganisme proche de la nature). L'utilisation du loup comme emblème pour les Stark ou du dragon comme emblème pour les Targyarens s'explique donc sans problème si on admet cela (les Targaryens ayant un discours se légitimant par le fait qu'ils sont du sang du dragon d'une manière proche des dieux-rois et le loup étant un animal pas si négatif dans une partie des conceptions païennes).
De même pour la bâtardise, celle-ci marque très fortement dans Games of thrones (John Snow a été écarté du jeu politique « classique » à cause de cela et Ramsay Bolton a bénéficié du fait qu'il est le seul héritier en âge de combattre de son père pour augmenter son pouvoir mais dans un contexte qui n'est pas celui d'une décomposition de la société de Westeros , il n'aurait jamais pu s'élever à la position où il est).
Enfin, le corbeau est vu de fait comme assez négatif dans le moyen age chrétien. Mais le fait que ce soient une corneille à trois yeux qui sert d'intercesseur entre le monde réel et le monde magique pour Bran n'est guère étonnant si on se souvient que les Stark sont des païens et de l'influence qu'a le corbeau messager d'Odin et détenteur de sagesse dans la mythologie scandinave.

Cette analyse qui ne manque pas d'intérêt et de talent confond donc par manque de contextualisation, la société de Westeros et ses périphéries et laïque donc sur celles-ci une grille d'analyse qui aurait mieux convenu à l'analyse du cœur de la société de Westeros ( ce que l'article note en disant que les Lannister ont un blason d'un commun) ce qui est plus dû aux questions qu'à l'auteur. Enfin, la piste d'une relecture de l'histoire britannique par Games Of Thrones n'est pas creusée alors qu'elle serait beaucoup plus prometteuse (Guerre des Deux Roses ou mur d'Hadrien).



lundi 19 octobre 2015

Blasphèmes et religions.


Tout d'abord, si la question de la représentation du sacré est débattue dans les religion monothéistes (l'islam l'interdit et le christianisme l'autorise dans le cas de l'orthodoxie  après un fort débat au sein de l'Empire byzantin qui a d'ailleurs provoqué des guerres civiles). Cela étant, le blasphème est lui interdit (ce qui n'est pas le cas dans des religions polythéistes qui acceptent qu'on se moque de certains dieux, il n'y a qu'à lire la mythologie grecque pour s'en rendre compte).

En premier lieu, je considère qu'il n'y a aucune raison de'interdire des oeuvres blasphématoires. certes celles-ci peuvent être insultantes pour les croyants d'une religion mais la loi ne doit pas se baser sur les croyances religieuses des individus. Sans cela, on arrive à des dérives pointées du doigt par Meneldil Palnatir Talmayar ici http://meneldil-palantir-talmayar.blogspot.fr/2015/01/non-ils-ne-lont-pas-cherche-la-liberte.html. Il y a donc un traitement inégalitaire des différentes religions. Je sais que la religion est ve comme centrale pour de nombreux croyants (dont moi même en tant que catholique romain). Cependant , pour des personnes très engagées politiquement, leur idéologie peut aussi centrer leur vie(je pense notamment à des militants communistes) et je serais perplexe sur une interdiction du blasphème pour ne pas choquer les croyants mais qui ne s'appliquerait pas pour d'autres idées vues par d'autres personnes comme centrales. Il va de soi donc que je condamne des tentatives faites par des particuliers pour réinstaurer un délit de blasphème.

Cela étant, j'ai aussi du mal avec l'idée qu'il y aurait un devoir de blasphème ou encore que le blasphème est un acte méritoire. Je considère le blasphème comme choquant pour les croyants (c'est un peu la définition) et si j'ai du mal avec l'idée de dire que choquer des personnes est positif en soi. Un média ou un artiste ou une personne ordinaire peut tout à fait blasphémer mais d'autres ont le droit de critiquer (sans demander l'interdiction) et il est stupide d'en tirer gloriole (même si bien entendu la personne peut tout à fait le faire).


lundi 17 août 2015

Poèmes :

Tristesse :

Souffre en silence, mon cœur enceint d'une douleur sanglotante. Mo esprit souffre comme un jeune faucon pris dans des rets , comme un enfant titubant. Il est pris comme Alice avec ses bouteilles dans un monde trop grand et trop petit. Procuste, ton supplice corporel est éminemment spirituel.
Des griffes me labourent. La chauve-souris se cogne aux parois de la cave espérant la lumière.

Joie.

Sentir que quelqu'un vous prend la main. Comprendre que vous comptez pour des gens. Dégeler intérieurement et laisser s'épanouir une floraison de roses. Sentir qu'autrui n'est pas une menace. Sortir de sa coquille.Sourire à des anecdotes et se sentir pleinement humain. L'amour aussi bien que la haine peut être contagieux.

Méditerranée.

Écume blanche courant sur ton eau bleue et verte.
Fouillis d’arbustes à taille humaine.
Douceur d'une ombre fraîche salvatrice.
Reflets du soleil dans ton eau créant un reflet du Paradis.
Et le chant du grillon.
Et cette douceur de vivre que l'air charrie.
Et ton soleil orange qui joue sr tes falaises.
Ton eau est saphir et turquoise. Le goût de ton eau est à nul autre pareil, Méditerranée.
Méditerranée terre de poètes , d'aèdes , de conteurs ou de chanteurs que parcouraient Grecs et Phéniciens.
Méditerranée et tes mouettes décollant de la mer et tes dauphins jouant avec les navires.
Méditerranée tes montagnes en garrigue aux petits villages en tuiles.
Méditerranée et ton vent doux qui agite la mer et repose la paix.
Méditerranée et la douceur des courbes de tes collines.
Méditerranée et ton appel au bonheur.


jeudi 23 juillet 2015

Comment définir la gauche et la droite ?

La gauche , la droite. comment les définir ?

Deux concepts controversés que certains réfutent ou nient prétendant dépasser le clivage droite gauche ou que celui-ci n'existe pas. Cependant, il a une réalité opératoire ne serait ce que par le fait que les gens s'y réfèrent. de même que les associations , les partis politiques et les penseurs. Il agirait même donc si il n'avait pas de réalité concrète dans ce cas. Mais peut-on définir des éléments différenciant la gauche de la droite ?
Tout d'abord, on note qu'il existe une droite et une gauche dans la majorité des pays (non seulement en Europe mais aussi au Japon, en Inde, dans le monde arabe, en Turquie ou en Amérique du Nord et en Océanie). Ce concept né sous la révolution française ne semble donc pas limité géographiquement et est opératoire pour une majorité de français qui se classent politiquement selon un axe gauche-droite. De plus, les forces se disant ni de gauche ni de droite finissent par se classer sur cet axe politique (globalement à droite sauf pour les écologistes).

Une première ligne de fracture semble être justement le rapport à la politique. On peut définir la gauche comme une mystique de la politique. La gauche croit en la capacité de l'action politique collective à changer le monde et à trouver créer des sociétés meilleures là où la droite ne croit pas au collectif (libéralisme) ou croit à un collectif défini comme non politique (national ou religieux ou les deux). Il existe donc une gauche se définissant comme un peuple de gauche (avec des rituels comme le premier mai et des éléments comme le peuple de gauche ).Il existe une histoire en partie mythique de la gauche différente selon chaque pays mais se référant à des concepts communs ( deux exemples (http://www.dailymotion.com/video/xr9cw9_clip-de-campagne-npa-pour-les-elections-legislatives-2012_news et https://www.youtube.com/watch?v=6Oi2Bebu_g8). Celle-ci s'appuie aussi sur des chants ou des grands moments ainsi que des figures partagées. La droite ne se définit pas comme telle (très peu de partis de droite se définissent comme de droite et ils n'ont pas de références communes). Si vous rencontrez un parti  qui n'est ni de droite ni de gauche , c'est à priori un parti de droite (les écolos étant l'exception confirmant la règle). La gauche veut donc dépasser les frontières nationales et religieuses ( les manifestants de la place Taksim chantent bella ciao https://www.youtube.com/watch?v=QZfu_qagC7c ) en créant une fraternité humaine sur la base de valeurs politiques partagées alors que la droite n'y croit pas.

Une seconde ligne de fracture est pour sa part le rapport à la nature humaine. Pour schématiser, la droite croit qu'il existe des normes naturelles et que tous doivent s'y conformer car celle-ci définissent des essences (particulièrement vrai dans le cas de la vision homme-femme mais est aussi vrai pour une partie de la droite dans la vision d'ethnies ayant des qualités et des défauts "naturelles") ou dans l'idée de choses qui existeront toujours (l'inégalité selon des amis de droite). Même la droite libérale y croit (via le marché). . A l'inverse, pour la gauche ces normes sont construites et doivent être remises en question quand elles sont des facteurs d'oppression et de domination ou encore d'aliénation. Ceci n'étant pas incompatible avec le concept de nature (chez les écologistes notamment) mais en comprenant la nature comme un système en évolution et non pas figé. Enfin, cette vision est aussi liée à une foi qui fut très forte (mais qui s'affaiblit) de la gauche dans la capacité de l'humanité à progresser sur le long terme et à une volonté d'une frange de la gauche de lutter contre tout ce qui est vu comme aliénant la liberté de l’individu (dont d'ailleurs le libéralisme économique mais aussi des notions comme l'autorité).

Enfin, la dernière ligne de fracture est celle de l'égalité. La gauche croit en l'égalité entre les êtres humains et considère les inégalités comme mauvaises et à abolir ou comme permises à condition d'être très clairement justifiées et bornées (Théorie de la justice de Rawles). Au contraire, la droite a une vision du monde hiérarchique (droite légitimiste), se bornant à l'égalité en droit (libéraux) ou encore carrément inégalitaire d'une manière "dure" (fascisme ou nazisme). C'est sur ce critère d'égalité" que le libéralisme s'est scindé entre deux figures comme Benjamin Constant et Tocqueville (le premier de droite, le second de gauche). C'est cette valeur cardinale de la gauche qui permet d'expliquer pourquoi le fascisme et le nazisme ne sont pas de gauche en dépit de leur croyance forte en l'action politique et de leur volonté de détruire les anciennes normes enserrant les individus. Car leur ordre nouveau est quand à lui fondamentalement inégalitaire en son essence même alors que la valeur cardinale de la gauche est l’égalité entre tous et d'une certaine manière la volonté d'extension permanente de l'idéal démocratique.

Voilà mes critères. N'hésitez pas à les critiquer ou à les remettre en question dans les commentaires :)


samedi 20 juin 2015

Les phalanges de l’Hordre Noir :


« Car le héros et le monstre sont tous deux vus comme en dehors de la société, la barrière qui les sépare est fragile. Vous pouvez passer du statut de « monstre » à celui de « héros » ce qui est une récompense de la victoire, le plus souvent. Vous pouvez faire le chemin inverse ce qui est particulièrement douloureux si vous en avez conscience. »



«Voilà les mécanismes de nos raids » J’ai la voix pâteuse. La fatigue sans doute. Résister, ne jamais lâcher prise. Toujours se tenir debout et contrer même seul. Seul , le vent nous emporte mais on peut s'accrocher , bétonner ses appuis et tenir un moment, le plus longtemps possible debout face au vent. Puis on meurt , il n'y a pas de miracle. Le vent c'est aussi cela . Du concret mélangé à du rêve. De la vitesse si rapide qu'elle peut passer de l'aérien au liquide voire au solide.
« Pourriez-vous vous montrer plus précis ? » Tendu , nerveux , plein de mouvement contenu en fait. Il est au bord d'une explosion, boom, un petit blaast comme ça qui vous souffle un pack de Contre ou un isolé
« Bon alors voilà comment ça se passait en détail. On prenait l’escouade et ... »
« Qu’entendez-vous par escouade ? » La voix sèche et cinglante. Un tenace. L’air passe difficilement dans sa voie. Très dangereux. Il n'explose pas lui , il veut des précisions réellement . Il ne veut pas juste passer sa colère sur moi ce qui le rend d'autant plus dangereux.
« Eh bien, une escouade comprenait plusieurs combattants en vélichar et … ».



Je parle, je parle et pendant ce temps mes souvenirs me submergent. Je me rappelle jeune, ma formation à Ker Derban. Les méthodes qu’on nous apprenait concernant les mouvements du corps, le jet de boo ou d’hélices, le déplacement en vélichar ou en aile portative. Comment savoir éliminer les adversaires le plus efficacement possible sans qu’ils ne se relèvent. Un tir, un homme. Se battre efficacement dans toutes les circonstances. Si tu n’as pas d’aile, tire au sol, de vélichar utilise le déplacement à pied, d’arme de tir utilise ce que tu as sous la main. Les morts lors des entraînements qu’on voyait et ceux qu’on ne voyait pas victimes d' « accidents ». Un seul intégrerait la Horde pour devenir son combattant protecteur. Celui qui neutraliserait toutes les menaces pesant sr elles et sauverait le plus longtemps possible, la Horde tout en contrant dans le Fer. Celui dont le nom serait écrit en lettres d’or sur la postérité et qui verrait les abrités le regarder ébahis quand il traverse leurs villages. Peu deviendraient des maîtres. Je ne le suis pas devenu. J'aurais peut-être pu. J'ai fait un choix qui m'a privé de cette marque apprenant une vivacité exceptionnelle, un style de combat, un style de prise en compte de son vif. Tout ce qui fait des maîtres foudres des combattants exceptionnels, qui peuvent sécher des dizaines de pillards obliques, qui savent toujours où frapper et comment faire pleuvoir boos, hélices et traits d'arbalètes méca à la vitesse de l'éclair. Des armes vivantes. Plus mêmes, des systèmes de combat vivants. Et intouchables avec ça . Nul ne peut toucher un foudre à moins de saisir le moment , l'infime écart dans les vitesses où le foudre décélère. Et encore là il faut être précis et vif.

Avant certains d’entre nous y avaient droit. Nous, les Phalanges de l’Hordre noir. Les anges déchus de l'Hordre.

On n’était pas l’élite mais on était presque les meilleurs rek. On avait des maîtres foudres parfois qui participaient à nos opérations dans le temps. On était des bons combattants et des excellents tacticiens. On savait comment stopper et aborder un drakkair des frêles tout en neutralisant ses défenses sans qu'ils puissent dire ouf et en massacrant tout le monde. Nous étions leur cauchemar, ce qui se déplaçait à contrevent sans qu'ils nous voient arriver. Nous  leurs nuits comme un conte terrible et qui semblerait initiatique. A part que parfois, le conte devenait réel et que nous leur apprenions ce qui était le but de la vie d’une manière … définitive. Les chiens frêles tremblaient devant nous et parfois illes s’en rappellent.

Mais il n’y avait pas que cela. Il y avait aussi les missions dans la Bande du Contre qui nous valaient respect et peur. Nous étions les agents visibles de l'Hordre à l'époque qui entretenaient la flamme du Contre et de la Horde. Qui poussaient les abrités à craindre et à respecter l'Hordre. Respect car nous luttions contre les pillards obliques qui ravageaient des villages et que quand nous passions dans les villages , nous écoutions les plaintes et rendions la justice , impartialement et sans nous laisser corrompre ou détourner de notre mission. Craindre car nous frappions implacablement ceux qui remettaient en doute le Contre , la Trace ou la Horde. L’Hordre n’existe pas pour lui-même mais pour servir la Horde qui elle-même existe pour la Trace et pour arriver à l’extrême Amont. Quand à nous , nous existions pour servir l'Hordre.

La Poursuite, je ne sais pas si elle existe mais si c’est le cas c’est un peu notre double négatif, une force qui lutterait contre l’humanité et pour le remplacement de l’humanité en Contre par les machines alors que nous luttons dans l'autre sens. Et pour faire ça, ils tentent de s’en prendre à l’élite de l’humanité, à la Horde. Nous, on s’attaque à ceux qui tentent de faire les meilleures machines pour remplacer l’humanité. On est des humanistes d’une certaine manière. Tiens je n’y avais jamais pensé mais c’est vrai. Cela nous définit. Des humanistes .

Depuis les Fréoles sont devenus plus forts. Se sont parfois attaqués à l’Hordre officieusement. Pas à la Horde, bien sûr ils n’ont pas osé. Ils ont fait pire. Ils se sont attaqués à l'esprit et à la conscience de l'Hordre. Ils remontent les nouvelles très efficacement il faut l’avouer. Ils ont toujours été … efficaces. Petit à petit nos missions ont été de plus en plus vues comme dérangeantes. Les Fréoles se sont mis à répandre de plus en plus leurs récits sur ce que nous faisions et leurs récits sur leur volonté d'aider la Horde. Oh bien sûr pas de l'aider en la convoyant , ça ça viendrait après. Mais de l'aider en remontant les enfants de hordiers (ils pourraient avoir du potentiel), en filant à Aberlaas des relevés qu'ils font avec leurs machines sur les formes du Vent, ce genre de truc. En même temps ils assuraient un commerce de plus en plus efficace avec leurs drakkairs et les gens les voyaient comme utiles. Ils étaient de nouveaux héros qui apportaient la prospérité à la bande de contre et nous étions devenus... . Des groupes au sein de l’Hordre ont commencé à parler de l’efficacité des données fréoles sur le Vent , de l'utilité du réseau fréole, de la publicité négative que nous faisions à l'Hordre. L'abrité lambda était content de voir que les fréoles amenaient de nouvelles sources de nourriture ou du fer moins cher. On n’a pas réagi, pas assez vite. On aurait dû s'en douter pourtant quand un groupe nommé la Pragma s'est constitué pour « améliorer la Trace ». Je pense même pas que les Frêles nous ont infiltré en vrai mais ils ont infiltré notre esprit. Si on s'en était rendu compte de l'ampleur du danger aurions nous pris le risque de scinder l'Hordre ? Je ne sais pas . Et puis on a été dissous. Je n'avais pas encore intégré Ker Derban mais on m'a raconté. La mise à pied de notre lord commandant. Son arrestation avec tout le conseil des Phalanges. Leur procès public et leur dégradation. Pour les « crimes » commis soi-disant au nom de l’Hordre. Leur condamnation à remonter en amont sans matériel rek  alors qu'un furvent arrivait. La condamnation était peut-être la moins pire qu'ils auraient pu trouver d'une certaine manière. Nos amis au sein de l’Hordre leur ont garanti une mort sûre mais digne car en Contre. Liés même si sans matos même pas des casques en peau de gorce ou des vêtements couvrant tout et avec leur peau nue qui a dû être griffée et lacérée par le vent. Mais nous savons comment ils sont morts sans l'avoir vu.  Ils ont tenté d'avancer en faisant pack et des chaînés debout. Ils sont morts en formant un noyau de résistance et de chaleur humaine face au furvent. Ils sont morts comme des hommes en tentant de découvrir le Vent dans un contre avec des moyens humains.

Je me rappelle des entraînements quand on a intégré les Phalanges. Les vieux instructeurs burinés qui nous hurlaient dessus quand nous rations un exercice. Et qui hurlaient encore plus quand nous utilisions des bonnes méthodes de combat qui étaient dans le style Ker Derban… Officiellement en tout cas, nous étions dissous. Mais nos idées avaient encore un certain poids au Conseil et à Ker Derban. Donc on a continué à exister en secret. Quand j'ai intégré Ker Derban, ils m'ont remarqué moi et mes idées. On m'a conduit yeux bandés dans une réunion où j'ai intégré les Phalanges. J'ai séché un probable mouchard de la Pragma à 15 ans. Il était déjà allé plusieurs fois sur un bateau fréole. Il les vantait !!! Il expliquait même qu'on pourrait contourner des obstacles avec les bateaux frêles ou amener plus vite la Horde. OK tout le monde le trouvait dingue de dire ça mais personne ne l'a exclu pour ça. Je me suis fait virer , volontairement et avec la complicité des Amontistes ceux qui partagent encore nos idées J’ai intégré une escouade de pirates. Sans se faire remarquer avec efficacité. On était plusieurs ça a été sympa ces moments, on était unis mais vraiment unis . Je me rappelle le pillage en mode commando des villages pouilleux des abrités en arrivant après un furvent (on s'était abrités dans un port pendant ).J'ai pas contré de furvent , je le regrette souvent  . On a finalement pris la tête du truc, un duel vite réglé par ailes porteuses sous slamino. Dérive faible et quasi nulle pour notre aile. L'autre se battait pas mal.  Et puis ensuite nous avons accompli notre mission.

J’ai eu accès à des vieilles chroniques exaltant les Phalanges. Elles parlent de ces chevaliers en armure de gorce teintes en noire. Ces hommes qui gardaient l'humanité engagée dans le Contre humain. Des héros , des paladins, des vrais . «  Et partirent les héros / Purifiant les villages/ Qui offraient des abris/ Aux servants des machines. »  Nos héros affrontant des hordes fréoles  et évitant leurs boos de mouvements du poignet ou du torse. Nos hordonnateurs inflexibles mènent des interrogatoires pour purifier et séparer ceux qui croient à l'extrême amont de ceux qui ne le remettaient en question » .Nous étions des modèles de justice , de probité , d'honneur et de foi. Comme maintenant mais différemment. Nous étions dans l'arène officiellement... Nos vaisseaux transportaient les enfants éventuels de la Horde et convoyaient les enfants à Aberlaas. MAIS nous venions toujours avec un an de remontée en aval de retard sur la Horde. Nos vaisseaux étaient volontairement fragiles. Surpris par un choon, nous mourrions. Et puis nous affrontions les fréoles. Je sais ce que certains disent. Que c'était des massacres. Qu'on tuait tous les Frêles , les femmes et les enfants aussi . Qu'on torturait avec un délice sans cesse renouvelé les Frêles.

Vous voulez que je vous dise ? C'est vrai , on faisait cela à l'époque et je l'assume entièrement. . Les Fréoles, je vais vous dire rek ce qu'ils faisaient et ce qu'ils font. Ils remontent le vent. Et ils veulent aller plus loin que la Horde. Sans contrer !!! Sans avoir senti la caresse du vent sur leur corps ou sa morsure . Sans avoir éprouvé sa solidité comme un bloc de liquide qui vous engloutit ou comme une masse.  Rien . Rien que leurs calculs et leurs voiles et leurs hélices. Rien que leurs déplacements comme si le vent était un outil. Il y a ceux qui connaissent le Contre et ceux qui l'utilisent comme un objet. Ceux qui louent le Contre et ceux qui le louent. Ne suivez jamais les seconds et tuez les où que vous les rencontrez. Je connais les objections. Maaais ils manœuvrent aussi dans le vent pas comme les abrités. Et ils ont même aidé des Hordes. Encore heureux qu'ils aient aidé des Hordes ; même des dégénérés comme eux reconnaissent la noblesse qui se dégage d'une Horde . Mais ils ne manœuvrent pas dans le Vent, c'est leurs machines qui le font. Je voudrais un jour pouvoir supprimer tous les frêles pour enfin parler avec leurs machines. Voir pourquoi elles pensent qu'elles pourraient nous battre les humains. Z'entendez les machines . L’Extrême Amont appartient aux hommes. Nous seuls le trouverons. Vous pourrez jamais affronter vraiment les neuf formes du vent ou franchir Norska.
Violents envers les frêles ? Bien sûr . Mais ils sont violents envers nous. Leur existence est une insulte permanente à ce à quoi les humains se consacrent , à cet effort perpétuel pour améliorer nos capacités. Eux proposent d'améliorer notre puissance sur le monde , nous notre Pouvoir. Ils sont violents par des moyens  indirects , nous leur répondons comme des hommes. Vous saviez comment on les punissait autrefois ? On en capturait et puis on les laissait par Furvent . Comme ce qu'a eu notre Lord commandant . Mais lui il savait ce que Furvent voulait dire et il est mort debout . Eux , je suis sûr qu'ils courraient aval comme des rats. Je le sais car une fois quand on a capturé un ingénieur frêle (autoproclamé aerudit comme si un frêle pouvait connaître le Vent) , je l'ai laissé dans leur salle de machines attaché avec une hélice qui tournait en pleine façe contre lui. Il s'est effondré comme une loque. Même pas le réflexe élémentaire d'affronter le Vent en face. Non J'ai vérifié les récits d'autrefois et j'ai vu qu'ils disent vrai sur le rapport des frêles au Vent. Le pire est qu'ils attirent. Tous les jeunes déchets qui tiennent pas trois pas sous salve se disent que dans l'escadre fréole ils pourront aller jusqu'à Alticcio. Certains l'ont fait alors que de nombreuses Hordes n'y ont pas eu droit. Celles séchées par un furvent , englouties dans la flaque de Lapsane , tuées par affaiblissement ou disparues mystérieusement. Et vous me trouvez violent ?

Nous ne nous battions plus en public bien sûr après la dissolution. Quand on a pris le commandement du groupe d'Obliques, on a petit à petit dirigé sur des cibles fréoles. En coordonnant mieux les attaques c'était possible. On avait des complices à l'intérieur qui sabotaient des hélices parfois. Parfois on les doublait via nos vélichars. On abattait les gardes vite et on harponnait le vaisseau. Et puis .. à l'abordage. On pillait toujours tout. Et on s'arrangeait pour s'occuper personnellement du cas des ingénieurs frêles . Y en a une à qui j'ai dit qui j'étais et quelle était ma mission rien que pour savoir un peu ça leur faisait quoi comme réaction. Je l'ai tuée bien sûr. .Elle aussi a eu droit à la salle des machines et à l'hélice simulant le vent. J'aurais aimé livrer les frêles prisonniers au vent mais trop de risques d'un survivant ou d'une survivante ou que qu'un Oblique du groupe jacasse. On a répandu des discours comme quoi les Frêles exploitent les abrités. C’est vrai d’ailleurs. D’où sortent t-ils leurs flottes ? Et ils livrent à qui leurs secrets à part à nous et uniquement pour nous pervertir ? Ils font tout payer cher et personne ne moufte car ils ont le monopole du commerce rapide. Les gens devraient apprendre à survivre de peu et à comprendre que le but de l’humanité n’est pas d’amasser des biens dans ce monde mais de trouver le sens du Vent. De toute manière le Vent érodera tout ce qu’ils feront. Seul le Vent décidera quelle maison débile en pisé sera debout ou non . Sauf si ils font comme les Fréoles et usent de machines. Et renoncent à leur humanité méritant ainsi qu’on les prive de leur vie qui singe les purhommes.

Me jugez pas. Ok on n'est pas la Horde mais lâchés dans la nature on contrait pendant des heures ensemble avant de se disperser en diamant ou en arc . Pour communier avec la Horde. Car ils sont notre espoir et notre symbole , celui de l'Humanité toute entière. On connaît le Vent.  On le défend contre ceux qui veulent que ce ne soient pas des corps humains qui le découvrent .Car le Vent fait l'Homme et l'univers est fait de Vent. La vitesse originelle du monde qui était purvent. Je sais pas si j'y crois à tout ça mais c'est beau. Cette idée que le monde est fait de Vent et que ce que fait l'Humanité , c'est de créer des résistances au vent comme des petits noyaux granuleux et solides qui tiennent liés.

Et puis il y a eu l'abordage de ce drakkair. On le suivait depuis 2 semaines. Harponnage sans problème. Aile portante démarrée et commençant à faucher les frêles à l'arba fissa. Et puis là plouf l'aile portante est tombée. On savait pas d'où venait le tir . Plusieurs obliques se sont faits fauchés et ça a commencé à paniquer. Les vélichars frêles nous ont canardés à ce moment et ça a été la cata. J'ai été capturé après un tir précis qui m'a râpé le bras de combat et un autre qui a envoyé mon vélichar dans le fossé. On n’a pas pu toucher le mec et j'ai compris. Un foudre formé à Ker Derban. La Pragma ne se contente plus de causer risette avec les Fêlés, il faut encore qu'elle les aide à pisser droit. Au moins ils n’ont pas lâché sur la Phalange. Peut-être que même eux ont peur que les frélês voient rouge si on leur dit qu'on continuait à lutter contre eux. Vous savez quoi. Même si vous découvrez l'extrême amont, vous ne connaîtrez rien jamais. La Révélation sera pour une Horde complète qui aura affronté les neuf formes du vent et qui les connaîtra.. Elle viendra, je le sais, le jure et suis prêt à vous affronter debout car je crois en ceci. Ma vie n'a eu guère de sens en dehors de cela. Mes parents , peut être une image de mon enfance tapie comme cachée par une toile d'araignée. Mes amis : c'était mes frères de meute . Avec eux nous partagions notre volonté commune de garder les Phalanges en action et quand nous étions dans des groupes d'Obliques différents , nos récits de chasse. Des amours ? Abritées d’occasion et une ou deux filles chez les Obliques. J'ai tué la dernière avec qui je suis resté un poil longtemps. Elle avait bu et cette idiote s'est mise à dire que nous étions libres pas comme ces abrutis de Fréoles ou de la Horde qui cherchait une source du Vent qui n'existait pas. Elle le pensait vraiment , Je lui en ai reparlé deux jours après. Son vélichar a eu un accident une semaine après.

Je mourrais en pensant à la Horde qui arrivera au bout et je ne trahirais pas l'Hordre parce qu’elle viendra . Sa nécessité n'est nullement corrélée à ma modeste personne Je mourrais pour l'Hordre malgré lui en pensant à un poème « Vent qui frappe/Hache cognante/ Stoppée par le lien » et à notre hymne après la dissolution
"Soldats nous sommes sans uniforme,
autour de nous la crainte et l’ ombre de la mort.
Nous sommes enrôlés pour la vie,
Libérés seulement par la mort.
Pendant les jours rouges d’émeutes et de sang,
Pendant les nuits noires de désespoir,
Nous lèverons notre drapeau
Sur lequel (sont écrits) défense et conquête.
Nous n’avons pas été enrôlés par le fouet comme la foule des esclaves
Pour répandre notre sang.
Notre désir est d'être libre à jamais 
Notre rêve , mourir pour la Horde 
Si nous tombons dans les rues, les maisons,
Sacrifiés en secret dans la nuit
Il y en aura bientôt des milliers d’autres pour combattre et vaincre à jamais.
Avec les pleurs des mères privées de leurs enfants
Et le sang de purs bébés
Avec ce mortier , nous joindrons nos corps face au vent
Pour poser les fondations du Contre"



Rapport d’interrogatoire : Un des chefs des bandits fut interrogé avant son exécution. On a pu lui faire cracher son histoire tout ce qu’il y a de plus banal. Ferme ravagée par un vent  , a rejoint des Obliques, a vadrouillé et grandi tout seul. Devenu pirate. S'est épanché sur ses exploits. Avait un vrai talent d’organisation et est devenu en solo un bon combattant. Toujours resté stoïque pendant l’interrogatoire d’une manière assez stupéfiante. Cruauté certaine. A raconté avec une sorte de …joie comment il aimait tuer et torturer ses victimes en les rendant non identifiables. Mélange curieux de cruauté jouissive et de froideur technique assez étonnant. Manipulateur , doté d'un certain charisme et absolument amoral. Ce qu'il voulait , il le prenait point barre. D'après un autre prisonnier , il n'avait de vrai attachement pour personne en dehors de lui même. Il a plusieurs fois tué dans le groupe selon lui. Mieux ne valait pas trop le fréquenter. En même temps , beaucoup l'admiraient pour son habileté et son intelligence. Éliminé après qu'il nous ait appris quelle était leur organisation (rien de différent de l'habituel).
Les pillards obliques étaient vraiment devenus dangereux et je me félicite que le Parlement ait pris conscience de la menace et l’ait liquidée. Je me permets de demander une plus grande attention portée à l'avenir aux phénomènes de ce type afin que de tels incidents ne se reproduisent plus. En effet ,ces pillards nous ont attaqué pendants plusieurs années et nous n'avons pu régler seuls le problème. J'ai annoté les stratégies et tactiques que je propose pour que ceci  ne se reproduise plus. Prévenez le maréchal et le président du Parlement du respect et de la diligence avec lequel l'Escadre Fréole exécute sa mission. Je suggère des nouvelles missions d'exploration en dehors de la bande de frêle pour mieux surveiller les Obliques si cela est possible. Si cela est impossible , je vous propose de détacher mon bâtiment pour une telle enquête et de nommer un nouvel amiral.

Mission de nettoyage. menée par notre escadre avec le soutien de l’Hordre.

Commodore Nichi amiral de l'escadre fréole.

P.S : La présence d'un combattant foudre n'était pas prévue dans le plan d'attaque. Ker Derban pourrait nous informer avant de nouvelles surprises de ce type.